F R A N C I S E T L E
O



Francis :
'Léo, rappelle-toi nos deux trains côte à côte, chaque fois que nos routes se sont croisées sans se briser, comme deux lignes parallèles cherchant un point vers l'horizon. D'abord ce jour à la télé, je n'ai pas osé te parler(...)Nous nous regardions comme deux indiens observant le silence. Comme deux animaux se flairant avant de se toucher. Depuis toujours cette pudeur entre nous comme si nous n'avions jamais quitté cet instant.'
Léo:
'Venu d'un temps indécis, porté par un vent d'outre saison, les cheveux sur la musique, la tête penchée sur la guitare, j'ai vu Lalanne en décembre 80 à une répétition. Il devait me voir aussi, mais la timidité me voilait à lui. Je pensais qu'il ne me connaissait pas.'
Depuis, ils se sont souvent croisés, parfois rencontrés...
Puis il y a eu ce séjour chez Léo, en Toscanne...
Un jour où il était en train d'achever d'écrire une balade, au moment où il allait mettre le point final, Léo apparut dans l'embrasure de la porte avec un visage heureux et il leva le poing au ciel. Francis leva le poing aussi sans rien dire... Silence... Léo lui demanda de lui lire ce qu'il venait d'écrire...
'Je lui ai lu ma ballade. Tu imagines ce que ça représente pour moi : être chez Léo Ferré, écrire de la poésie, et avoir Léo comme première oreille? C'est comme si je lisais mes poésies à Rimbaud, habitant chez Rimbaud et partageant les repas avec lui!'*
*Dominique Lacout, 'Francis Lalanne' 1993-Editions du Rocher.
De Léo à Francis...
Avant de mourir, j'aimerais bien dire à cet oiseau de scène qu'il est mon frère. Lalanne, longs cheveux comme un vent d'outre-saison, yeux rivés à une star fidèle, qu'il me croie fidèle, et pour la vie et pour la mort.
Salut Francis. Chante, seul et dans la lumière noire. Ta lumière. La mienne aussi.
Je t'embrasse...*

Hommage à Léo...

'Un homme debout ne se couche que pour mourir.'
Le désespoir est une forme supérieure de la critique. Pour le moment nous l'appellerons 'Bonheur'.
Léo Ferré
Souvenir de Léo...
PDominique A.
hilippe Eveno, guitariste, avait vu Ferré en concert quand il avait dix ans: il était avec ses bandes-orchestre, il chantait par-dessus, et il y a eu une coupure d'électricité. La salle s'est retrouvée dans le noir et il a tenu pendant deux heures, a cappella! Le public était subjugué! Qui pourrait se permettre ça aujourd'hui? Francis Lalanne sûrement. Oser tout se permettre, c'est beau à pleurer quand on imagine ça!
*extrait du roman 'Les carnets de Lucifer' aux éditions 'Les Belles Lettres' - 1994
http://www.lesbelleslettres.com/panier.ihtml