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Festival de la côte d'Opale
CORDOBA REUNION / Francis LALANNE / Nilda FERNANDEZ Magic Mirrors de Boulogne/Mer – Vendredi 8 juillet 2005
La tête d'affiche de la soirée du vendredi 8 juillet 2005 était le quatuor argentin « Cordoba Reunion » mais ce sont aussi les deux chanteurs, subrepticement ajoutés sur le programme comme « Invités » à savoir Nilda Fernandez et Francis Lalanne, que le public venait voir. Une ambiance feutrée et intimiste pour un concert tout en nuances. Sans savoir vraiment, on soupçonne déjà des moments d'exception à venir durant cette « Petite soirée entre amis » et tout autant de complicité, de convivialité, d'amour du jazz et de magie musicale argentine.

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Maître du jeu, le batteur Minino Garay trouve d'emblée les rythmes forts en entraînants auxquels se mêlent des accents jazziques latino purs et de toute beauté. Des scénettes improvisées ponctuent les mélodies tour à tour vives et surannées, appuyées par le tempo efficace des percussionnistes. Puis le chanteur d'origine espagnole, Nilda Fernandez, guitare à la main, prend le relais. Depuis son premier succès médiatique en 1987 « Madrid Madrid » et surtout « Nos fiançailles » en 1991 (300000 albums vendus !) l'artiste n'a rien perdu de son talent. Sa présence scénique discrète est suppléée par une voix d'angelot hors du commun, dont chacun s'imprègne de la douceur communicative.
Enfin, un murmure parcours les spectateurs lorsque la silhouette du charismatique Francis Lalanne se profile derrière les projecteurs. On pensait sans l'avouer, peut-être retrouver sur scène le Lalanne régulièrement « Vu à la télé » affichant de manière ostentatoire, comme sa marque de fabrique, une exubérance volubile et malhabile... |
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Il n'en fut rien. Loin de toute emphase superfétatoire, Francis, ne chantant qu'en langue espagnole, nous a petit à petit plongé au cœur de nos propres silences et réflexions. L'énergie est intacte, la voix profonde et sublime, teintée de plaintes qui métamorphosent l'esprit. Un moment d'osmose durant vingt minutes. Un moment pour privilégiés.
On a enfin retrouvé le Lalanne authentique, sans rhétorique spongieuse, sans excès. un Lalanne de la première heure, nous distillant des mots simples et touchant entre chacune de ses interprétations. Il planait dans la salle entre le public et lui les vapeurs envoûtantes d'un fluide complice et fusionnel dont l'analyse nous échappe parce qu'en dehors de toute rationalité. Nilda Fernandez, manifestement sous le charme, partagea lui aussi, le temps d'une chanson qui lui était dédiée, l'alchimie complexe de ces instants rares. Vendredi soir, le « magic mirrors » a validé son appellation en reflétant ce qui restera un de ses meilleurs moments d'émotion musicale cette année.
Copyright-Patrick Dusautoir, pour cote-dopale.com
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